RDC : Confusion autour de l’indexation des salaires des agents et fonctionnaires de l’Etat.

vendredi 21 juillet 2017
par  Claude MBALA LONKANDO
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JPEG - 15.3 ko La mesure d’indexation des salaires des agents et fonctionnaires de l’Etat au taux de 1 425 francs congolais pour un dollar américain comme promis par le Premier Ministre Bruno TSHIBALA n’a pas été exécutée à la paie du mois de juillet 2017. Les agents et fonctionnaires de l’Etat, parmi eux les enseignants, qui sont passés à leurs banques respectives depuis hier jeudi 20 juillet 2017 se sont trouvés face aux mêmes salaires, maigres et non réajustés.

Et pourtant, à l’instar de la promesse du premier ministre, cette mesure a été prise en compte dans la loi des finances 2017 promulguée par le Président de la République après adoption du budget dans lequel ladite matière a été traitée par la Commission économique et financière de l’Assemblée nationale.

Ce matin, sur les antennes d’une radio de la place, un député national a dit ne pas comprendre que le gouvernement n’ait pas réajusté les salaires des agents et fonctionnaires de l’Etat alors que les députés nationaux l’avaient fait en adoptant le budget 2017 qui les prend en charge. Il a, par la même occasion, interpellé le gouvernement de ne pas être attentif à la souffrance des agents et fonctionnaires de l’Etat.

Dans cette confusion, il semblerait qu’il ait eu des problèmes d’ordre technique et, étant donné que le cycle de la préparation de l’enveloppe des salaires des agents et fonctionnaires de l’Etat est trimestriel, le réajustement attendu risque d’intervenir au dernier trimestre de cette année c’est-à-dire à partir du mois d’octobre 2017. Et jusqu’à présent, il n’y a aucune réaction de la part du gouvernement.

Pendant ce temps, le franc congolais continuera peut-être à se déprécier et le taux proposé pour ce réajustement ne sera plus d’actualité. D’ailleurs, le taux de 1 425 francs congolais pour un dollar américain proposé par le gouvernement s’est déjà déprécié en moins d’un mois bien avant même son application. Parce qu’aujourd’hui, le dollar ne se change plus au taux de 1 425 francs congolais mais à celui de 1700 francs congolais. En conséquence, la situation sociale de ces agents de l’Etat devient de plus en plus intenable.

C’est pour cette raison que le Collectif des syndicats de l’Administration Publique, « CSAP » en sigle convoque aujourd’hui vendredi 21 juillet 2017 l’Assemblée générale qui n’avait pas eu lieu le lundi 17 juillet 2017. Au cours de celle-ci, il compte demander aux concernés de se prendre en charge en décrétant la grève dans les services de l’Etat. Le principal objet indiqué sur les invitations émises est l’« arrêt collectif et général de travail dans toute la République suite à la mauvaise foi du gouvernement de ne pas indexer notre salaire au taux moyen de 1 420 FC au mois de juillet, à partir de jeudi 20 juillet à minuit. »

Pour la Fédération Nationale des Enseignants et Educateurs sociaux du Congo (FENECO/UNTC), les agents et fonctionnaires de l’Etat parmi lesquels les enseignants sont fatigués de faire face à la fois à des conditions socio-professionnelles de plus en plus dégradantes et insoutenables ainsi qu’à un déficit dans leur collaboration/partenariat avec l’Etat. Elle réitère son inquiète profonde sur l’issue de cet état des choses et préconise l’intervention spécifique de l’exécutif avec l’implication particulière du Président de la République.

Elle dénonce, en même temps, la responsabilité des gouvernements passés dans le non-respect des normes internationales dans l’organisation des négociations dans le cadre de dialogue social en République Démocratique du Congo qu’elle juge de ne pas être de qualité. Pour elle, c’est l’amélioration de la qualité de ce dialogue qui apportera des solutions appropriées aux problèmes des agents et fonctionnaires de l’Etat en même temps que la paix sociale dont la population en général et les institutions nationales parmi lesquelles le gouvernement national en particulier ont besoin. Dans le cas contraire, il sera difficile au gouvernement de la République de réaliser ses missions et d’être performant.