RDC : Détente de climat entre Bruno Tshibala et les fonctionnaires.

samedi 22 juillet 2017
par  Claude MBALA LONKANDO
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Ce jeudi 20 juillet 2017, un compromis a été finalement trouvé entre le Premier ministre, Bruno TSHIBALA et l’Intersyndicale nationale de l’Administration publique (INAP) sur le dossier tant attendu de l’indexation des salaires des agents et fonctionnaires de l’État au cours d’une réunion tenue à la primature.

Ce compromis a détendu quelque peu le climat entre le pouvoir public et les agents et fonctionnaires de l’Etat, y compris les enseignants et les autres personnels de l’éducation à qui l’INAP a d’ailleurs demandé de ne pas suspendre le travail mais de continuer à travailler jusqu’à la signature du protocole d’accord et à son application à la paie du mois d’août 2017.

Bien que l’application de la mesure d’indexation au premier taux de 1 425 francs congolais le dollar américain n’a pas été possible au mois de juillet 2017 selon la promesse du premier ministre, un nouveau taux de 1 452 francs congolais budgétaire pour un dollar américain a été accepté par ce dernier pour son application au mois d’août 2017.

Prudent, Bruno TSHIBALA NZENZE a sollicité des syndicalistes qu’il présente d’abord le compromis pour entérinement au prochain conseil des ministres et au Président de la République avant la signature qui interviendra, sauf imprévu, le 25 juillet 2017. Toutefois, une chaine télévisée de la place a laissé entendre que c’est l’ancien taux qui est décidé d’être payé au mois d’août par le gouvernement.

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La FENECO est présente aux discussions

Dans les discussions, la Fédération Nationale des Enseignants et Educateurs sociaux du Congo (FENECO/UNTC) est représentée à travers l’Union Nationale des Travailleurs du Congo dont elle est l’une des quinze fédérations socio-professionnelles constitutives de cette confédération syndicale.

Même si le nouveau taux venait à être indexé et payé comme convenu, la situation sociale des agents et fonctionnaires de l’Etat ne connaitra pourtant pas de dénouement à cause de l’inflation non maitrisée ces derniers mois du franc congolais ainsi que du niveau de vie des agents et fonctionnaires de l’Etat qui continue à se dégrader.

Si la logique pouvait être menée jusqu’au bout, les salaires indexés devraient être payés avec effet rétroactif pour compenser les dettes contractées par les agents et fonctionnaires de l’Etat afin de soutenir leur situation sociale dégradante depuis le premier mois de l’instabilité galopante de la monnaie locale qui remonte peu avant le départ du gouvernement MATATA PONYO. Parce qu’ils ne pouvaient pas se déroger de leurs responsabilités sociales face à certains besoins essentiels comme notamment le payement du loyer, la prise en charge alimentaire et sanitaire de leurs familles, le payement des frais scolaires ou académiques de leurs enfants, …

Une vraie politique salariale s’impose

Ainsi, pour garantir la stabilité dans le domaine des salaires, il faudrait la mise en place d’une politique globale qui tienne compte d’un certain nombre de facteurs dans une vision holistique, quelle politique doit être négociée entre les deux parties.

Cette position est défendue depuis toujours par la Fédération Nationale des Enseignants et Educateurs sociaux du Congo (FENECO/UNTC) qui juge le dialogue social en République Démocratique du Congo pas de qualité. Il faut des vraies négociations avec les vrais représentants syndicaux et non avec des organisations fantoches qui ne représentent que l’ombre d’elles-mêmes, des discussions franches, sans tabous et sans aucune pression exogène ainsi qu’une volonté de la part du pouvoir public de vouloir bien changer les choses.

Cette volonté politique trouve un terrain favorable dans une démocratie politique qui place par des voies démocratiques au pouvoir des dirigeants incontestés, lesquels se sentent redevables à la population qui les a élus.