RDC : La mutuelle de santé des enseignants sauvée in extremis par les syndicats de l’EPSP

jeudi 7 septembre 2017
par  Claude MBALA LONKANDO
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JPEG - 6.2 ko La Mutuelle de santé des enseignants de la République Démocratique du Congo peut de nouveau bénéficier de la subvention mensuelle du gouvernement, à hauteur de 200 millions de francs congolais suspendue depuis 2015. Le déficit budgétaire que connaissait cette structure sanitaire a été créé par le non versement de ladite subvention et la dévaluation de plus de 50% de la monnaie locale, enregistrée depuis près d’une année. Ces deux principaux facteurs ont amenuisé les prestations sanitaires des affiliés que sont les enseignants.

Selon le Président du Conseil d’Administration de la MESP, l’organe dirigeant de cette mutuelle a touché à sa réserve de fonds pour faire face à la situation et cela ne pouvait plus perdurer au-delà de ce mois de septembre 2017. Si on avait continué dans cet état de choses, la mutuelle irait progressivement à l’arrêt, faute de capital nécessaire. Les négociations « syndicats de l’EPSP – gouvernement » l’ont donc sauvé de la catastrophe vers laquelle elle allait.

La levée de suspension de la subvention gouvernementale a été obtenue suite aux pressions des syndicats de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel dont la Fédération Nationale des Enseignants et Educateurs sociaux du Congo (FENECO/UNTC) qui menaçaient de grève à partir du 04 septembre 2017, date de la rentrée scolaire 2017-2018 fixée par le Ministère de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel (EPSP).

En effet, l’accord trouvé à l’issue de la Commission paritaire « syndicats – gouvernement » du 31 août au 02 septembre 2017 a, outre le déblocage de 200 millions de francs congolais de ladite subvention, prévu notamment le payement du solde de 25 000 FC du salaire des enseignants du mois d’août 2017, le payement de l’ancien taux de salaire des enseignants plus un complément de majoration de 25 000 FC pour les mois de septembre et d’octobre 2017 ainsi qu’une majoration de 30 000 FC à partir du mois de novembre 2017.

Les syndicats ont également réclamé l’élargissement rapide de la prise en charge des soins par la Mutuelle à tous les enseignants du pays, des salaires desquels sont retenues les cotisations qui financent son budget de fonctionnement.

Dans ce contexte, la FENECO/UNTC pense que la reprise de tous les services sanitaires après la levée de la suspension de la subvention gouvernementale n’est qu’une bataille, du reste gagnée, et non pas la guerre car le plus dur est à venir. Parce qu’avec l’élargissement de la prise en charge sanitaire, il ressurgirait une fois de plus le problème de l’insuffisance de l’enveloppe de la MESP avec l’importante augmentation du nombre de bénéficiaires des prestations.

Pour la FENECO/UNTC, un audit fonctionnel de cette structure de santé et des négociations avec les représentants des enseignants anticiperont pour déboucher sur des solutions concertées et appropriées.