2 466 635 209 de dollars américains : budget estimatif pour la gratuité de l’éducation de base en RDC

jeudi 22 août 2019
par  Hermann
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Ce vingt-deuxième jour du mois d’août 2019, s’est déroulée au Fleuve Congo Hôtel, la première journée de la deuxième Table ronde nationale sur la gratuité de l’éducation de base.

Après la cérémonie d’ouverture officielle présidée par le ministre a.i. à l’Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel (EPSP), Emery OKUNDJI, les participants étaient conviés à un cocktail avant le démarrage des travaux proprement dits.

A la reprise, sous la modération du conseiller du ministre de l’EPSP, BATEBE Michel de la Croix, les membres bureau du étaient installés. Il y avait Valère MUNSYA du Secrétariat Permanent d’Appui et de Coordination du Secteur de l’éducation (SPACE), Rombaut MAKADI et Jovin MUKADI, conseillers du ministre en charge de l’enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel (EPSP).

Rombaut MAKADI a donné le rapport général des travaux qui ont conduit à la convocation des présentes assises. Ces travaux dits préparatoires se sont récemment réalisés en résidentiel à Venus Hôtel de la Gombe et ont connu la participation des représentants du gouvernement issus des services et structures concernés par la mise en œuvre de la gratuité ainsi que certaines organisations de la société civile ; les syndicats d’enseignants n’y étaient pas conviés.

Le deuxième intervenant, directeur YOKA Alexis, s’est appesanti sur le cadre légal et réglementaire de la gratuité de l’éducation de base en République Démocratique du Congo. YOKA a présenté tous les instruments juridiques au niveau national qui garantissent la gratuité de l’éducation de base. La gratuité est la prise en charge par l’Etat des frais de scolarité de l’éducation de base dans les établissements publics ; cette éducation de base s’articule en l’enseignement primaire et les deux premières années du secondaire.

Le coût estimatif de la gratuité de l’éducation de base en République Démocratique du Congo a fait objet de la présentation du secretaire général à l’EPSP, MANGOBE, qui a lâché :"Il n’y a pas d’éducation sans moyen ! ... Dans tous les cas, il faut que quelqu’un mette la main à la poche, a-t-il renchéri...". Il a estimé le budget de la gratuité à deux milliards quatre cent soixante-dix millions six cent trente-cinq mille deux cent neuf (2 466 635 209) dollars américains.

Le professeur Valère du Secrétariat Permanent est intervenu pour parler de l’état de lieux de la gratuité en RDC. Malgré les engagements au niveau international, c’est en 2010 que le gouvernement avait lancé la mise en œuvre progressive qui a connu des difficultés pour se réaliser comme préconisée. Les recommandations de la première Table ronde sur la gratuité organisée à Lubumbashi du 29 au 31 août 2016 n’ont pas connu de mise en application facile.

Aujourd’hui, avec le leadership de Félix Antoine TSHISEKEDI, Président de la République, il convient de dégager un consensus national sur les modalités pratiques à prendre pour l’application efficiente et efficace de cette mesure, ainsi que sur le partage des responsabilités devant garantir la redevabilité mutuelle entre les parties prenantes.

Pour terminer les exposés, deux acteurs de la société civile ont parlé de la mobilisation des ressources. Une étude diligentée par la Coalition Nationale de l’Education pour Tous (CONEPT) sur le financement innovant de l’éducation était présentée par Jacques TSHIMBALANGA ; tandis que Dieudonné a parlé, quant à lui , des TIC au service de la mobilisation des ressources financières.

Au stade actuel, avec le nouvel élan, il y a lieu d’espérer ne plus être parmi les rares nations qui accordent un budget médiocre au secteur de l’éducation, budget en-dessous de la moyenne de l’Afrique subsaharienne. Cependant, malgré la bonne foi, il faudrait rechercher d’autres ressources pour combler le gap et satisfaire ainsi tous les besoins liés à la charge de l’éducation ; d’où l’importance de l’exposé sur le financement innovant.

Les participants se sont regroupés en Gouvernement, Société Civile et Syndicats pour se répartir en trois groupes de travail en vue de traiter de :

- Salaires des enseignants et frais de fonctionnement des écoles et Bureaux gestionnaires ;

- Identification des sources de financement de l’éducation ;

- Mesures d’encadrement et d’atténuation des effets induits de la gratuité.

... Et les travaux étaient suspendus pour être repris demain vendredi.

Y prennent part, une trentaine de syndicalistes, la société civile du secteur de l’éducation, la présidence de la République, le Parlement, les ministères de budget, des finances, de l’EPSP, les gouvernements provinciaux, les provinces Éducationelles, l’administration centrale de l’EPSP, les coordinations nationales des écoles conventionnées, les partenaires techniques et financiers et autres.

"Nous sommes là pour protéger la qualité de l’éducation ; et, plus que les infrastructures et les matériels didactiques, ce sont les enseignants qui font la gratuité de l’éducation, a martelé Augustin TUMBA NZUJI, secrétaire général de la FENECO-UNTC et Président de l’Intersyndicale de l’EPSP".