SEMAINE MONDIALE D’ACTION 2013 EN RDC

Du 21 au 28 avril 2013 se déroulent à travers le monde, la Semaine Mondiale d’Action en faveur de l’Education pour tous, sous le slogan : « Chaque enfant a besoin d’un enseignant : Des enseignants qualifiés pour tous ! »

Le choix de ce slogan a été motivé par le manque d’enseignants qualifiés qu’il faut pour faire bénéficier tous les enfants du monde d’une éducation de qualité afin de réaliser les objectifs de l’éducation pour tous

Les Syndicats de la RDC, avec le soutien de l’Internationale de l’Education, ont organisé cette initiative pour attirer l’attention de toutes les parties prenantes dans le système éducatif sur la nécessité d’atteindre les objectifs de l’Education pour Tous.

L’activité qui a réuni quatre-vingt-quatorze (94) personnes, s’est déroulée à Kinshasa/Gombe en la salle VIP de la paroisse Notre Dame de Fatima le 26 avril 2013.

A travers des exposés-débats, les intervenants Syndicalistes, ont insisté sur la défense du droit de chaque enfant à bénéficier d’une éducation de qualité et qu’aucun enfant ne pourra exercer ce droit sans un enseignant motivé, bien soutenu et qualifié. En RDC, les faits montrent pourtant que de nombreux enfants continuent à être formés par des enseignants non qualifiés et moins soutenus de par des salaires modiques, des avantages légaux non octroyés et des cas de ceux d’entre eux qui travaillent pendant de nombreuses années sans salaires.

Combler le manque d’enseignants requiert une intervention pointue des pouvoirs publics, assortie d’un financement considérable et bien ciblé afin d’attirer, de recruter et de retenir les candidats qualifiés, d’assurer une formation initiale et en cours d’emploi de qualité pour chaque enseignant, de faire en sorte que les enseignants soient équitablement déployés et qu’ils évoluent dans des environnements favorables.

Après le mot de circonstance fait par le Camarade Alphonse TSHIBAND TSHITSH ATSHIKEZ, délégué syndical à la CSC, trois exposés s’en sont suivis.

Le premier était celui du Camarade Jean KIVWATA GASSANJI, Secrétaire National de la FENECO/UNTC dans le secteur de l’Inspection générale de l’Enseignement, sur la formation des enseignants en RDC. Il a introduit son exposé par deux définitions de l’expression « formation des enseignants » afin de créer un même entendement du sujet. Dans l’état des lieux, il a stigmatisé le manque de politique nationale cohérente en matière de la formation initiale et continue des enseignants. Ce manque d’enseignants correctement formés et suffisamment soutenus est à la base du manque d’éducation de qualité dont souffrent notre jeunesse et notre population. La formation des éducateurs du pré-primaire est laissée à 100% à charge du privé sans garantie de qualité ; la formation des enseignants du primaire et du secondaire est plus théorique que pratique. La formation continue quant à elle, est éparpillée, non-équitable et difficile à mesurer son impact

Dans les pistes de solutions, tout en félicitant l’avènement des stratégies sous-sectorielles de développement du secteur de l’éducation, avec le lancement au début du mois d’avril 2013 du plan intérimaire de l’éducation (PIE) dont l’une des priorités est la réforme de la formation des enseignants, il a invité la société civile à suivre la mise en œuvre de ce plan notamment en combattant les antivaleurs qui risquent de faire échec à l’aboutissement des réformes escomptées.

Le deuxième était l’exposé sur la condition enseignante fait par le Camarade Jean-Pierre KIMBUYA LUTONADIO, Secrétaire Général du SYECO. D’entrée de jeu, il a commencé par dire que le développement intégral de la RDC est tributaire du secteur de l’éducation qui doit former des cadres de qualité dans tous les domaines de la vie nationale. Il a ainsi insisté sur la condition enseignante en pointant du doigt l’enseignant comme étant l’’acteur principal, la pièce maîtresse du système éducatif.

Les enseignants vivent des conditions de travail précaire car celles-ci ne sont pas proches des piliers du travail décent qui recommande la jouissance de la protection sociale, le respect des normes de l’OIT, le respect des droits syndicaux et l’existence d’un dialogue social formalisé et sincère.

Il a terminé son intervention par la proposition des solutions pour remédier aux maux qui minent la condition enseignante, notamment l’augmentation du budget alloué à l’éducation en vue d’améliorer les conditions salariales et l’environnement de travail de l’enseignant ; la révisitation du décret portant création du Fonds de Promotion de l’Education National « FPEN » ; l’octroi d’une retraite honorable aux enseignants ayant atteint l’âge exigé ;…

Le dernier exposé portait sur le droit à l’éducation fait par le Camarade Valéry NSUMPI, Secrétaire Général de la CSC Enseignement. Cet exposé a compris la définition des concepts, les bases juridiques qui garantissent le droit à l’éducation ainsi que l’aperçu historique des objectifs de l’Education Pour Tous fixés à Dakar au Sénégal en 2000.

La seconde partie de son exposé a été consacrée à l’état de lieu de ce droit à l’éducation en RDC partant du rapport national d’évaluation de progrès réalisés par la RDC vers les objectifs de l’EPT 2009. La RDC n’atteindra pas les objectifs de l’EPT d’ici 2015 pour cinq (5) raisons majeures évoquées dans ce rapport dont la trop faible couverture de l’Education de la Petite Enfance, l’école primaire universelle connaît un taux brut de scolarité inférieur à la moyenne africaine, la mauvaise qualité de l’éducation et le faible taux de survie…

La gratuité a trouvé une place de choix dans les derniers mots de l’exposant ; bien que garantissant l’universalité de l’enseignement primaire, elle se déclenche de manière non durable parce que ne tenant pas compte des moyens humains à entretenir. Avant de terminer, il a donné quelques recommandations et a chuté en saluant l’apport combien louable du PME d’un montant de cent millions (100 000) de dollars américains pour soutenir l’éducation en RDC au sein du Ministère de l’Enseignement Primaire Secondaire et Professionnel (EPSP).

En dehors de vingt-cinq (25) délégués par Syndicat, des intervenants et des enseignants chargés du protocole, il y avait remarquablement la déléguée du Secrétaire Général de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel ; le délégué de la Ministre provinciale en charge de l’éducation ; le Directeur Général de l’Education Non Formelle de la RDC (Ministère des Affaires Sociales) ; l’Administrateur de l’UNICEF en RDC ; le délégué de Save The Children ; le Secrétaire Exécutif de la Maison de la Laïcité de Kinshasa ; la déléguée de l’Abbé Coordinateur National des Ecoles conventionnées catholiques ; le Pasteur délégué pour représenter les écoles des églises de réveil ; le délégué des écoles conventionnées salutistes ; le délégué du Chef de la Sous-Province éducationnelle de la Gombe ; le délégué de l’ASSONEPA ; celui de la Nouvelle Société civile et autres.

Commencée à 10 heures 00, l’activité a pris fin à 13 heures et les participants se sont séparés après le cocktail.

Timothée KABUKALA MUKALARapporteur